Louis Kahan
Une alliance secrète et mystérieuse unit la création plastique et la « couleur du noir ». Est-ce parce que les récits nous suggèrent que la première œuvre d’art fut une ombre tracée au « noir de fumée » pour garder le souvenir de l’être aimé ? Sans nul doute… Mais le noir, dans l’art, n’est jamais ténèbres ou néant. Au contraire, dans l’œuvre d’un Jean Degottex ou d’une Judit Reigl, comme dans celle d’un Denis Godefroy ou d’une Martine Dubilé, le noir nous invite à découvrir dans ses plans d’ombres des densités profondes où l’absence se fait présence. Comme le professait le peintre Pierre Tal Coat : « Le tableau doit donner une impression de surgissement. Ce surgissement implique des profondeurs, des effacements. Ne peut surgir que ce qui fut effacé. » Aussi, le noir apparaît-il comme le point d’aboutissement d’une réflexion continue sur la genèse des formes. Chez Martine Dubilé, Jean-Pierre Germain ou Antoine Poupel, c’est un territoire où se révèlent matière, lumière et pensée ; et cela par empreinte, diffusion ou dévoilement. Chez Jean Degottex, le noir est point d’aboutissement, ascèse. Alors que chez Denis Godefroy, il manifeste la puissance expressive et rageuse de l’acte créateur. À l’instar de l’immense dessin de la collection du Frac Haute-Normandie entrepris par cet artiste lors d’une performance avec le musicien Steve Lacy en 1985. Le noir est ainsi temps d’action autant que temps de réflexion.
Un temps du sensible qui donne « lieu d’être ». Dans « l’œuvre au noir », le temps s’épure ou s’intériorise, comme par la quiétude retrouvée d’une re-conquête de soi.
http://www.frachautenormandie.org/collection/presthematique.php?id=1
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Avant-jour
1998
Author: Michel Déon (1919) Artist: Olivier Debré (1920-1999) Published: Paris, André Biren, 1998
Copper engraving by Olivier Debré (p. [23])
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Copper engraving by Olivier Debré (p. [13])](http://24.media.tumblr.com/tumblr_lsmz4tZnNc1qahuhjo1_1280.jpg)

